Cathy, coéquipière : “Cela me nourrit”

Comment as-tu fait connaissance avec le Petit vélo jaune ?

Je cherchais à faire du bénévolat mais je tombais le plus souvent sur des propositions d’aide aux malades ou à des personnes âgées. Je cherchais pour ma part quelque chose de différent car je suis très sensible et j’avais un peu peur d’éprouver de la tristesse après avoir donné de mon temps, de moi-même. J’ai vu sur Internet une annonce du Petit vélo jaune, j’ai regardé ce qu’ils faisaient et cela m’a de suite intéressée. Surtout je me suis dit que cela correspondait sans doute plus à ce que je cherchais. J’ai donc téléphoné pour prendre rendez-vous.

Comment s’est déroulé cette première rencontre avec les responsables ?

Lorsque je les ai rencontrées, j’ai de suite apprécié leur sérieux, le fait que tout soit clairement expliqué dès le début. J’avais le sentiment de savoir directement dans quoi je pouvais m’engager. Aussi, je ne voulais pas me lancer dans un bénévolat où finalement on est un peu livré à soi-même, j’avais ce besoin d’avoir la possibilité de me confier à quelqu’un en cas de souci ou de questionnement. Et durant cette année, j’ai pu le faire dès que je le souhaitais, que ce soit par mail, téléphone ou en allant sur place. Il y avait toujours une responsable pour m’écouter et me répondre. Je trouve cela très important d’avoir la possibilité d’exposer ses doutes ou une irritation, et d’être entendue. Surtout que pour moi c’était tout nouveau.

Tu as alors rencontré Fatoumata ?

Oui, lorsque je suis venue la première fois, début octobre 2016, les trois enfants étaient là. La plus grande s’est tout de suite mise contre moi, elle est venue sur mes genoux, le courant est passé immédiatement. Avec toute la famille. Pendant un an je suis venue tous les mercredi, le plus souvent je restais 3 heures. J’ai vite perçu que Fatoumata souffrait de devoir rester cloitrée chez elle, à s’occuper des enfants, qu’elle n’avait finalement pas du tout le temps de s’occuper d’elle. Je lui ai alors proposé de parfois sortir pendant que je gardais les enfants. Cela lui faisait du bien, ne fut-ce qu’aller au coin de la rue et de faire ses courses à l’aise. Elle avait réellement besoin de cette liberté. Et moi j’en profitais aussi, j’aimais bien passer tout ce temps avec les trois, on faisait des bêtises, on chantait, on jouait,… J’ai rapidement eu le sentiment d’être comme la grand-mère de Fatoumata, et comme l’arrière grand-mère des petits ! Bien sûr on a eu des moments parfois plus difficiles, il nous est arrivé même de nous disputer un petit peu, mais le plus naturellement du monde, et de se réconcilier tout aussi vite. Comme dans une famille en fait.

Il y a de suite de la confiance qui s’est installée entre vous ?

Oui. Au début Fatoumata était plus réservée bien entendu. Mais c’est vrai que j’ai eu rapidement le sentiment qu’elle me faisait confiance, car me laisser seule avec ses trois enfants, cela n’a pas été de suite si facile! Et puis elle s’est confiée à moi petit à petit, m’a raconté son histoire. Ce n’était pas si évident de se parler franchement, surtout avec les trois enfants autour de nous, dont la grande qui comprenait très bien tout ce que l’on se disait. Oui, il faut de la confiance pour cela.

Il y avait un besoin d’aide administrative aussi ?

Oui, je l’ai aidée pour les écoles, pour trouver une crèche, à faire aussi toute la paperasserie nécessaire, les factures, etc. A trouver un cours de français pour elle également. On s’était d’ailleurs dit qu’on devait arriver à conclure tout cela avant la fin de l’accompagnement. Et c’est ce que l’on a fait, même si j’ai souvent du la secouer un peu. Mais bon, dans ces moments-là j’essaie de me souvenir que ce n’est pas évident pour une jeune femme loin de chez elle, qui n’a jamais été à l’école et qui vit seule avec trois enfants…

Aujourd’hui, un an plus tard, l’accompagnement est terminé… ?

Oui mais je me rends compte que je viens plus souvent qu’avant ! La seule différence c’est que désormais cela peut être n’importe quand, il suffit que je téléphone avant, il n’y a plus de date fixe ! Il faut dire que je me suis fort attachée à elle, et aux enfants.

Tu vas débuter un nouvel accompagnement, avec une autre famille ?

Oui car je me rend compte que j’ai beaucoup gagné de cette expérience. J’ai le sentiment d’avoir plus reçu que donné finalement. Cela me nourrit, je suis heureuse.

Retrouvez ici le témoignage de Fatoumata