Françoise Dubois, référent maltraitance à l’ONE pour Bruxelles et le Brabant wallon

L’ONE travaille avec près de 800 TMS. Qui sont-ils ?

Les TMS, ou travailleurs médico-sociaux, sont en très grande majorité des femmes. Infirmières, sages-femmes, assistantes sociales, elles proposent des consultations prénatales et un suivi de l’enfant de 0 à 6 ans. C’est un service gratuit et universel qui se déroule tant à l’hôpital que dans les locaux de quartier de l’ONE. Si c’est un suivi avant tout médical, un suivi psycho-social peut également être proposé.

Les TMS organisent aussi des visites à domicile. C’est un outil de proximité très précieux d’autant que certaines TMS suivent une même fratrie sur 15 ou 20 ans. C’est donc parfois aussi un travail sur le long terme.

Quel est votre rôle auprès des TMS ?

En tant que Référent maltraitance, nous sommes les personnes ressources au sein de l’ONE lorsqu’un TMS est confronté à une situation de maltraitance ou de négligence familiale. Ou en passe de l’être. Le TMS peut alors nous contacter pour analyser ensemble la situation et réfléchir à une solution. C’est la raison pour laquelle une de nos tâches principales est de constituer un large réseau d’aide dans la zone dans laquelle nous travaillons.

Grâce à notre connaissance de ce réseau, nous sommes en mesure d’intervenir rapidement si nous sommes sollicités, que ce soit pour un conseil, un avis ou simplement de l’aide.

C’est dans ce cadre que s’est construit le partenariat avec le Petit vélo jaune ?

Oui. L’ONE est amené à travailler dans des situations de précarités multiples, financières bien sûr mais aussi psychologiques. Or, depuis des années, je constate une augmentation du nombre de situations de précarité. Les familles sont de plus en plus isolées. Par contre, le nombre de TMS, lui, ne peut malheureusement suivre cette triste évolution. Il en est de même pour les relais traditionnels vers lesquels les TMS pouvaient réorienter ces familles : bien souvent, ils sont débordés !

Quand j’ai entendu parler du Petit vélo jaune, je me suis dit qu’il pourrait constituer un relais adéquat. Et de fait, il fait aujourd’hui partie de ces personnes ressources qui peuvent accompagner et être présentes pour ces familles en difficulté.

Ce partenariat ONE – Petit vélo jaune était-il si évident ?

Disons qu’il était important d’être clair dès le début, nos TMS et les bénévoles du Petit vélo jaune ne faisant pas le même métier. Nous avons beaucoup discuté avec les coordinatrices du Petit vélo jaune et j’ai de suite été rassurée. Les TMS aussi. Au départ, , j’ appréhendais un peu le fait que Petit vélo jaune travaille avec des bénévoles. Certes, ils bénéficient souvent d’une expérience et de quelques formations, mais pouvaient-ils réellement accompagner une famille en difficulté ?

C’est plus clair aujourd’hui ?

Oui car je me suis rendu compte que les bénévoles du Petit vélo jaune ne naviguent pas seuls. . Ils bénéficient d’un encadrement professionnel.

Cela commence dès la demande de soutien familial, qui sera analysée avec soin. Le bénévole sera ensuite correctement sélectionné et briffé. Et il profitera aussi d’un accompagnement régulier et professionnel tout au long de la prise en charge de la famille.

Cela dit, le Petit vélo jaune ne peut pas intervenir dans toutes les situations ?

Effectivement. Lors des premières prises en charge, on a d’ailleurs dû s’ajuster. Au départ, je pensais pouvoir introduire le Petit vélo jaune dans des situations familiales très difficiles. Les coordinatrices m’ont dit que certaines situations étaient trop lourdes à gérer. Avec le temps, on a mieux ciblé le moment où nous pouvions faire appel au Petit vélo jaune. Dans de très nombreux cas, nous rencontrons des parents qui ont simplement besoin de contact, de parler, d’être écoutés, d’être reconnus, de se sentir validés dans ce qui leur arrive. Ils ont besoin de cet aspect humain qui est de plus en plus manquant dans notre société.

Quels sont les retours que vous recevez des TMS ?

J’ai régulièrement des retours d’expériences très positives. Pour preuve, de très nombreuses TMS n’ont plus aujourd’hui besoin de passer par moi. Elles connaissent le Petit vélo jaune et font directement appel à ses services en cas de besoin !

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