femmes monoparentales

Comme nous l’explicitons dans le rapport d’activité, nous accompagnons plus de 50 familles à l’heure actuelle. Près de 80 familles depuis la création du Petit vélo jaune en 2013. Si l’origine géographique des familles est diverse, il est une donnée qui revient souvent, malheureusement : une grande majorité des familles accompagnées durant 2017 sont des familles monoparentales. Sur les 54 familles, 36 sont des femmes élevant seules leur(s) enfant(s). Un père est également dans ce cas. Autrement dit, 68% des familles que le Petit vélo jaune accompagne sont monoparentales.

Il nous semblait dès lors essentiel d’en parler davantage, d’y consacrer un dossier qui se constituera pas à pas.

Une femme seule dans plus de 80% des cas

Depuis les années 60, le nombre de familles monoparentales ne fait qu’augmenter. Explose même. En Belgique, une famille sur quatre est aujourd’hui monoparentale. Avec des variations selon les régions : à Bruxelles et en Wallonie, c’est quasi une sur trois ! Dans plus de 80% des cas, c’est une femme vivant seule avec des enfants à charge (près de 90% en Région Bruxelloise).

Ces femmes présentent bien entendu des profils divers : mère récemment divorcée, jeune veuve, maman célibataire relativement aisée, mère mineure renvoyée de chez ses parents,… Certaines ont conçu un enfant hors couple quand d’autres se retrouvent mère de famille monoparentale à la suite d’une séparation. Certaines ont un compagnon mais celui-ci est très souvent absent et n’assume pas sa paternité. Des femmes sont en situation monoparentale dès la naissance du bébé quand d’autres le deviennent avec des enfants plus âgés. Certaines chefs de famille monoparentale ont à peine 20 ans quand d’autres ont passé la cinquantaine.

Mais le profil type reste malheureusement une jeune femme avec de jeunes enfants, peu qualifiée, au chômage ou occupant un emploi précaire ou partiel, et ne disposant que d’un réseau social limité. Beaucoup connaissent aussi des conditions de logement défavorisée. Et toutes conjuguent difficilement vie privée et vie professionnelle.

Vulnérabilité accrue

Toutes les études récentes soulignent que la monoparentalité va de pair avec la précarité. La plupart du temps, elles montrent que la séparation induit une considérable perte de revenus pour les femmes qui connaissent alors de fortes difficultés économiques. Ces rapports affirment que près d’un tiers des familles monoparentales connaissent un risque accru de pauvreté. Et que, par rapport à tous les autres parents, une femme monoparentale court un risque presque dix fois plus élevé de basculer dans la pauvreté !

Au delà des problèmes structurels, il y a la réalité au quotidien. Ces femmes doivent gérer seules un ou plusieurs enfants, doivent prendre toutes les décisions seules, sont seules si un enfant est malade ou a des soucis, doivent palier seules au manque de place dans les garderies. Toutes témoignent d’angoisse, de fatigue, souvent d’épuisement, de sentiment d’exclusion professionnelle et sociale, de discrimination, de perte d’intimité, de solitude, voire d’abandon. Nombreuses sont d’ailleurs ces femmes en colère d’être livrées à elles-mêmes.

Le rôle du Petit vélo jaune

Notre association ne s’adresse pas qu’aux femmes monoparentales. Mais il va sans dire que pour ces mères, l’accompagnement que nous proposons est particulièrement essentiel. Nos coéquipiers et coéquipières offrent un soutien permanent pour ces femmes souvent en manque de contacts sociaux et isolées. Qu’il s’agisse de leur permettre de retrouver une confiance en elles, d’être une oreille bienveillante à leurs soucis de tous les jours ou de les aider à faire valoir leurs droits, notre accompagnement participe activement à leur bien-être et à celui de leur(s) enfant(s).