“C’est un réel investissement personnel”

Il y a quelques semaines, nous avions publié le témoignage de Sarah, cette courageuse mère qui élève seule ses deux enfants et qui bénéficie, depuis janvier 2018, du soutien du Petit vélo jaune. Stephanie, la coéquipière qui l’accompagne, nous fait part aujourd’hui de ses propres motivations.

J’avais entendu parler une première fois du Petit vélo jaune via un membre de ma famille, alors bénévole. Mais c’est surtout en suivant son action sur Facebook que j’ai décidé de prendre contact avec l’équipe. Après dix années passées à bosser comme juriste dans une boîte, j’avais envie de faire une pause, et de m’occuper sans réserve de mes trois enfants. J’adorais mon travail mais je voulais profiter de cette pause carrière pour entamer une activité qui avait à mes yeux beaucoup de sens.

Et le Petit vélo jaune correspondait à cette attente ?

Oui, clairement. J’avais un peu prospecté dans différentes associations mais aucun bénévolat ne correspondait exactement à ce que je voulais. Je cherchais un bénévolat en lien avec la maternité, avec la petite enfance, avec mon quotidien actuel en somme. Mais il était important pour moi de collaborer avec une association qui permette de créer un véritable lien. Je ne voulais pas voir défiler des familles, passer de l’une à l’autre, mais être au contraire en contact privilégié avec une seule maman, avec ses enfants.

Pour moi il était essentiel qu’il y ait un cheminement, avec un début, une évolution perceptible, un objectif, une fin. J’était consciente que cela me demanderait un réel investissement personnel et que ne serait pas forcément facile. Mais je trouvais cela si gratifiant.

Ce fut donc le Petit vélo jaune et Sarah…

Oui, j’avais déjà rencontré les coordinatrices du petit vélo jaune avant d’arrêter de travailler. Entre deux rendez-vous professionnels ! Les choses se sont rapidement mises en place et j’ai pu commencer l’accompagnement dès le début de ma pause carrière, en janvier 2018.

Lorsque l’on s’est rencontré la première fois avec Sarah nous aurions pu toutes deux refuser cet accompagnement mais le courant est bien passé, de suite. Il faut dire que Sarah parle très facilement et est très attachante. Et puis nous avons le même âge, on partage donc des choses communes, même si notre quotidien est très différent.

Tu disais que tu savais que ce ne serait pas forcément facile. Etait-ce le cas ?

J’imagine que chaque accompagnement est différent. Moi lorsque j’ai rencontré Sarah pour la première fois je me suis dit que l’accompagnement allait être finalement assez simple : elle est souriante, elle adore ses enfants, elle s’en occupe tout le temps, elle est hyper organisée, hyper débrouillarde,… Je ne voyais d’ailleurs pas trop ce que je pouvais lui apporter. Je n’ai pas perçu de suite que c’est de solitude dont Sarah souffre surtout. Mais au fur et à mesure de nos rencontres, elle s’est davantage confiée à moi, elle avait besoin de vider son sac, de pleurer, de raconter. Sarah a tant besoin de se sentir valorisée, d’être encouragée.

J’ai alors pris conscience qu’un accompagnement demande plus de temps que je ne le pensais. Je ne consacre qu’une demi-journée par semaine à Sarah et à sa famille mais je mets parfois du temps à m’en remettre, la réalité qu’elle me raconte est parfois tellement difficile. Il m’arrive parfois d’accuser un peu le coup.

Sans doute aussi ai-je eu besoin d’un petit temps d’adaptation. Le temps que je me sente parfaitement bien avec elle, de me sentir à l’aise dans son intérieur à elle, dans son intimité. Le temps aussi de savoir comment réagir au mieux, quels sujets aborder facilement ou lesquels sont plus sensibles. Ce n’est pas si évident, pour elle comme pour moi. Heureusement qu’on peut bénéficier de l’encadrement du Petit vélo jaune. Il est essentiel.

Mais cela dit, je suis ravie, cet accompagnement est exactement ce que je cherchais !

J’imagine qu’il a évolué depuis septembre, maintenant que son ainé est à l’école ?

Oui, Sarah est un peu moins demandeuse de se voir toutes les semaines. Elle sort désormais beaucoup plus avec ses enfants et rencontre d’autres personnes, notamment via l’école. Elle croise d’autres mamans qui vivent parfois les mêmes réalité qu’elle. Par contre, on passe des heures au téléphone et on va essayer d’organiser très prochainement une sortie « entre filles » un soir.

Je l’accompagne désormais moins dans son rôle de maman mais je suis plutôt comme une vieille copine qu’elle appelle quand elle a besoin de vider son sac !